Quand on refuse on dit non, par Ahmadou Kourouma

Publié le par Karima C

AHMADOUAvec les évènements qui bousculent la Côte-d'Ivoire (176 morts entre le 16 et 21 décembre 2010 d'après l'ONU, Laurent Gbagbo ne veut pas lâcher le pouvoir malgré sa défaite aux élections), j'ai voulu lire un auteur ivoirien et mon choix c'est naturellement porté sur le défunt Ahmadou Kourouma. Je vais donc vous parler du dernier roman de cet écrivain Malinké ivoirien lyonnais d'adoption qui nous a quitté en 2003 et a qui je voudrais rendre hommage... J'ai eu la chance de le rencontrer en 1999 à Libreville (Gabon) au Lycée Nelson Mandéla où il était venu parler de son roman "Le soleil des indépendances" .

 

De lui, Jean Jack Queyranne, président du conseil régional de Rhone-Alpes dit: "L’auteur des Soleils des indépendances, d’En attendant le vote des bêtes sauvages, d’Allah n’est pas obligé n’est un « écrivain francophone » qu’au sens où, sans Ahmadou Kourouma, la littérature française serait moins riche, moins généreuse, et surtout moins universelle. "

 

Voici quelques notions qui sont à mon humble avis utiles pour bien comprendre les subtilités de ce roman:

La Côte d'ivoire, pays de l'Afrique de l'Ouest, a pour capitale politique et administrative Yamoussoukro, Abidjanétant la capitale économique. Félix Houphouet-Boigny est le premier président de ce pays devenu indépendant comme le Gabon en 1960. L'économie est essentiellement axée sur le café et le cacao permettant à ce pays d'avoir eu un essort économique pendant les deux premières décennies. Houphouet-Boigny meurt en 1993, Laurent Gbagbo lui succède mais n'apaise pas les tensions socio-économiques qui toumentent le pays depuis 1990. Ce qui déclenche une crise politico-militaire en 2002.

 

Ahmadou Kourouma à travers le roman "Quand on refuse on dit non", a voulu nous parler de cette crise. Tout au long du roman on découvre ou redécouvre  la Côte d'Ivoire son histoire et son peuple.   A travers les aventures de Birahima un ex-enfant soldat du Liberia ayant été le héros de son précédant roman "Allah n'est pas obligé", il nous raconte le masacre des Dioulas Malinkés, l'éthnie de Birahima par les Bétés, celle de Laurent Gbagbo. Il utilise des mots simples mais qui laissent réfléchir:

 

"[...] ils ont fait des cadavres un immense charnier. Le charnier va pourrir. La pourriture va devenir de l'humus [...]. L'humus deviendra du terreau. Ça permet de terreauter le sol ivoirien. [...] C'est le terreau des charniers qui permet à la Côte-d'Ivoire d'avoir un sol riche qui nourrit du bon café, de la bonne banane, du bon hévéa, et surtout du bon cacao."

 

"Ce qui arrive en Côte-d'Ivoire est appelé conflit tribal parce que c'est un affrontement entre des nègres indigènes barbares d'Afrique. Quand des Européens se combattent, ça s'appelle une guerre, une guerre de civilisation" .

 

 Ahmadou Kourouma dénonce l'ivoirité, concept visant à définir la nationalité ivoirienne.

 

"On ne connaît pas avec précision l'histoire paléolithique du pays. Pourtant, le peuplement du pays a une importance majeure dans le conflit actuel. A cause de l'ivoirité. L'ivoirité signifie l'ethnie qui a occupe l'espace ivoirien avant les autres"

 

Il y a un proverbe algérien qui dit:"lorsque la grappe de raisin est inaccessible pour la cueillir, on dit de ses grains de raisin qu'ils sont acide". Ahmadou Kourouma nous devoile la version ivoirienne de ce proverbe: "Le singe taxe de pourri le fruit du figuier sur lequel il ne peut pas mettre la main". Ahmadou Koudrouma qui a vecuen Algérie de 1964 à 1969 connaissait-il le proverbe algérien?

 

J'ai beaucoup apprécié ce roman qui me donne envie de lire"Allah n'est pas obligé".

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