CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT de Yasmina Khadra
CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT écrit par Yasmina Khadra a été vendu à plus de 600 000 exemplaires en France. Pour ce roman Y. K. a reçu le Prix roman France télévision 2008. Mohamed Moulessehoul alias Yasmina Khadra utilise le nom de son épouse comme pseudo. C'est un beau roman qui raconte avec finesse la vie de Younès en l'Algérie à l'aube de l'indépendance jusqu'à nos jours! Ce roman a pour décors de fond la guerre d'Algérie puis un saut dans le présent est effectué. En effet, pendant qu'il nous ai raconté les histoires de coeur de Younès, on découvre la misère dans laquelle vivaient les algériens, les amitiés qui ont pu être tissées entre Arabes et Pieds Noirs...
Une belle histoire!
Voici quelques extraits de "Ce que le jour doit à la nuit" :
page14 "....le village ne disait rien qui vaille, c'etait un trou perdu, triste à creuver, avec ses bicoques en torchis craquelé sous le poids des misères et ses ruelles désemparées qui ne savaient ou courir cacher leur laideur.
quelques arabes squelettiques se faisaientbouffer par les chèvres, debout dans leur martyre tels des gibets. accroupis à leurs pieds, les désoeuvrés n'en menaient pas large. on aurait dit des épouvanails désaffectés, abadonnés là jusqu'à ce que les tornades les dispèrsent dans la nature..."
page 42 " ... mon père ne marchait pas, il deboulait tel un rocher sur le flanc d'une colline. je ne lui avais pas connu d'accès de colère semblable.
il était à deux doigts d'imploser....
quand nous fimes loins, il me plaqua contre un mur et plongea son regard dément dans mes yeux apeurés; une décharge de chevrotine ne m'aurait pas secoué de la tete aux pieds avec une brutalité paraille.
- Tu crois que je suis qu'un moins-que-rien? me dit-il la gorge torsadée. tu crois que j'ai mis au monde un gosse pour le voir crever à petit feu?... Eh bien, tu te trompes. et ton faux jeton d'oncle se trompe. et le sort qui croit m'avilir se fout le doigt dans l'oeil jusqu'au coude.
tu sais pourquoi? parceqe j'ai peut etre rendu le tablier, mais je n'ai pas rendu l'ame. je suis encore vivant et je pete le feu, j'ai une sané de fer, des bras à soulever les monagnes et une fiérté à toute epreuve.
ses doigts s'enfonçaient dans mes épaules, me faisaient mal. il ne s'en rendai pas compte, ses yeux roulaient sans sa figure comme de billes chaufées à blanc..."
page 90 " il m'avait suffi de changer de vetements pour les déboussoler . aujourd'hui encore, je me demande si, tout compte fait, le monde n'était qu'apparences. vous avez une bouille en papier maché et un sac de jute par-dessus vote ventre creux, et vous etes pauvre.
vous vous lavez la figure, donnez un coup peigne à vos cheuveux,enfilez un pantalon propre, et vous etes quelqu'un d'autre. cele tenait à si peu de chose. à onze ans se sont des eveils qui vous désarçonnent...."
pages 95-96
"le mendiant renfila le partere, la joue ecrasée au sol, le turban sur la nuque. il me tournait le dos, ses mansfievreuses tentaient de s'arc bouter contre quelque chose, mais il était trop bourré pour se trouver des marques.
après plusieurs trébuchements, il parvint à se mettre sur son séant, chercha à tatons sa savate, l'enfila puis il ramassa son turban et l'enroul grossièrement autour de son crane.
il ne sentait pas bon, je crois qu'il avait uriné sur lui.
vacillant sur son postérieur, une main contre le sol, pour éviter de s'affaisser, il chercha de l'autre sa canne, l'aperçut à proximité d'un caniveau et se traina à plat ventre pour l'atteindre. soudain, il se rendit compte de ma présence et se figea. en relevant a tete sur moi, son visage se disintegra
c'était mon père
Mon père qui était capable de soulever les montagnes, de mettre à genoux les incertitudes, de tordre le cou au destin. il était là, à mes pieds sur le trottoir, empetré dans les guetres malodorantes, le visage tuméfié, les commissures des lèvres dégoulissante de bave, le bleu de ses yeux aussi tragique que les bleus de sa figure. une épave, une loque, une tragédie...."
page 140-141
"elle parlait vite, ma mère parlait très tès vite. avec des trémolos dans la voix. et des flammèches bizarres dans les yeux. ses ains fievreuses dessinaient dans l'air d'immenses illusions. si j'avais su qu'elle était en train de me parler pour la dèrnière fois de notre vie, j'aurai cru à l'ensemble des chimères et serais resté auprès d'elle. mais comment l'aurais je su?"
Page 165 " ... je n'ai jamais revu ma mère ni ma seour, j'ignore ce qu'elles sont devenues, si elle sont encore e ce monde ou si elle ne sont plus que poussière parmi la poussière.
mais j'ai revu plusieurs fois mon père. à peu près tous les dix ans. tantot au milieu d'un souk ou bien sur un chantier, tantot seul au coin d'ue ruelle ou sur le pas d'un hangar désaffecté... jamais je n'ai réussi à l'approcher... une fois, je l'ai suivi jusque dans une impasse, ceratin de le coincer, et quelle n'a été ma stupeur en ne trouvant personne au pied de la palissade...
C'était parcequ'il portait le meme paletot vert, qui echappait à l'usure du temps et aux inclémences des saisons, que j'avais fini par comprendre qu'il n'était pas de chair e de sang...
jusqu'au jour daujourd'hui, à mon age finissant, il m'arrive encore de l'entrevoir au loin, le dos vouté sous son eternel paletot vert, clopinant lentement vers son propre effacement."
Je le conseille vivement!