La Mecque-Phuket par Saphia Azzeddine - 3ème partie
Plusieurs des commentaires que j'ai pus lire ou entendre expliquaient que Fairouz, l'héroïne du roman La Mecque-Phuket avait choisi Phuket car cette maghrébine, musulmane avait préferé la modernité, j'ai même eu l'occasion de lire: "le livre de Safia Azzedine invite les musulmans de France à choisir le paradis terrestre".
Il semble que du roman de Saphia, les interprétations vont bon train. Dans ce roman, j'ai lu:
"- Trop facile. Phuket à la place de la Mecque, c'est vraiment pas raisonnable.
- Je ne dis pas çà Kelsoum, ce n'est pas l'un ou l'autre, dans ma tête c'est l'un et l'autre.
[...]
on leur offrira un hadj encore mieux" (page 199).
Fairouz, qui est une française d'origine marocaine est plus ou moins pratiquante, elle ne fait pas la prière mais jeune pendant le mois de Ramadan... Avec l'aide de sa soeur et son frère, elle decide d'offrir à ses parents un voyage à la Mecque pour qu'ils puissent accomplir le pélérinage dont ils rêvent... Tout au long du livre, Fairouz nous raconte que ses parents qui sont justes financièrement, invitent sans cesse des voisins et des amis à manger chez eux... Ils ne semblaient pas faire de concession. Eux dépensaient leur argent dans les invitations et leurs enfants devaient se priver pour leur payer ce voyage à la Mecque. Ce qui a été l'élément déclencheur et ce qui a poussé Fairouz a prendre l'argent économisé, c'était bien une nième invitation. Elle ne dit rien, aucune remarque mais le lendemain elle acheta les billets pour que sa soeur et elle puissent se reposer à Phuket. Soit dit en passant, ce n'était pas sympathique pour le frère qui avait participé à la petite cagnotte...
Fairouz semblait vouloir jouir du monde moderne tout en respectant sa religion et la décision d'aller à Phuket d'abord puis offrir la Mecque aux parents semblait plus une réaction égoïste face à un certain égoïsme des parents... Par contre, ce sont les traditions qu'elle sélectionne et qu'elle rejette quand cela ne lui convient pas:
"Je respectais les traditions tant qu'elles me respectaient."
Pour conclure, je voulais rajouter une dernière remarque. Je trouve que les mots vulgaires utilisés n'apportent rien au roman.